Journal des répétitions de « Plein la vue » n°7

Semaine du 20 au 26 février

Oui, vous avez le droit de râler, je vous ai abandonné pendant deux longues semaines.

C’est vrai aussi que si je regarde en arrière, ces 15 derniers jours ont filé comme les étoiles du même nom.

Le lundi et le mardi on retourne répéter au théâtre du Palais Royal, car notre décor se monte. Nous ne travaille pas le matin mais on profite de ces moments là pour mettre un point final à nos costumes et accessoires que nous devons avoir prêts pour mercredi.

Les répétitions piétinent car maintenant nous possédons notre texte et nos déplacements et avons sérieusement besoin de manipuler nos accessoires, de claquer nos portes, de répéter aussi les changements de costumes.

Mercredi matin pas de répétition non plus, car j’enregistre « les grosses têtes » avec Philippe Bouvard. J’aime bien Philippe, je le connais depuis longtemps car il y a environ 25 ans … Oh mon Dieu comment est ce possible, je peux dire il y a 25 ans, même 30 en parlant de mon métier! J’aurais jamais imaginé pouvoir le dire, un jour!

Tiens prend ça ma vieille ! Y a des moments comme ça où on s’en mange un bon coup derrière les oreilles. Ca angoisse et ça a quelque chose de sympathique à la fois, le fait d’être toujours là, de se sentir en pleine possession de ses moyens, d’avoir toujours envie d’aller plus loin, de progresser.

Donc Philippe, je le connais depuis 25 ans et c’est toujours un plaisir de le revoir. Pourtant à cette époque bon nombre de gens tremblaient à l’idée d’être interviewé par lui. Il avait la réputation d’être redoutable. C’est vrai qu’il n’avait pas la langue dans sa poche et qu’elle était acérée mais c’était et c’est toujours un vrai gentleman, très intelligent, cultivé, malicieux et facétieux.

J’ai pendant quelques temps avant que « Julie Lescaut » ne me surcharge de travail fait partie des grosses têtes. C’était très amusant ce rendez vous bimensuelle avec des gens comme Jacques Martin, Jean Dutour, tellement charmant et charmeur, Claude Sarraute, Philippe Castaldi, Sim, De kersauson, Jean Yann.

Le ton y était d’une extrême liberté et je m’y plaisais bien.

C’est donc avec beaucoup de bonheur que je pars le retrouver à RTL.

Quand j’arrive, l’émission viens de commencer mais je suis l’invitée du jour et je ne rentre qu’un quart d’heure après le début.

La salle est pleine de spectateurs d’un âge certain, des habitués, peut être

et nos compères sont installés en demi cercle autour de Philippe qui affiche toujours un visage d’une bonhommie réconfortante.

Je prends des photos à travers le hublot.

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C’est à vous ! Je suis le jeune homme dans le couloir et rentre dans l’arène. Je me sens bien, en forme pour la déconne. De toute façon dès qu’il s’agit de s’amuser et de délirer je suis toujours présente.

Bon je ne vous raconte pas l ‘émission, vous pouvez la réécouter sur le site de RTL.

A la sortie, je suis attendu dans le restau en face par mes amis et producteurs de « Julie », Jean Pierre Guérin et Véronique Marchat. Nous avons à discuter, ils ont pleins de bonnes nouvelles…

J’ai à peine le temps d’avaler un steak et je cours au théâtre. Je suis à la bourre mais mollo, pas la peine de se tuer en scooter.

J’y suis. Je rentre par la grande porte de la Michodière qui est au niveau des corbeilles et j’en prends plein la vue.

Alors ça y est, le voilà le décor!

Il est encore un peu vide, car tout n’est pas fini, un peu nu et plat car les lumières ne sont pas faites, mais il est là.

Ca se concrétise et du coup la date fatidique de première me saute à la tête. Dans une semaine, on commence à jouer. Comment est ce possible ! Cela n’a jamais été aussi rapide. D’ordinaire,  entre le moment où je lis un texte, accepte de le faire et commence à le jouer, il se passe  5 à 6 mois. Là à peine 2 !

Allez, ne perd pas de temps, ils t’attendent et tu dois prendre possession de ta loge, enfiler ton costume et redescendre sur scène.

Ca, ça ne va pas me prendre deux heures ! Pour les changements de costumes je tire plus vite que mon ombre.

Alors où est ma loge ?

C’est la première en arrivant de la scène. Super ! J’ai pas des kilomètres à faire. Parce que les couloirs de la Michodière c’est le parcours du combattant. Pour venir nous voir faudra en avoir vraiment envie, ça fera une sélection naturelle.

Ma loge est assez spacieuse, elle est double et elle porte le nom celle de François Perrier dont un portrait orne le mur.

Ca c’est drôle parce que quand j’ai tourné Nana, je sais que Maurice Cazeneuve mon metteur en scène, rêvait de François Perrier dans le rôle du Conte Muffat. Il devait être bien vieux à l’époque et avait refusé.

Moi aussi j’aurai bien aimé car François Perrier me faisait penser à mon père, physiquement. Bon ça ne s’est pas fait et je ne l’ai, du coup, jamais rencontré. Tant pis !

–       Oh merde, mon téléphone ne passe pas !

–       Ah non, me dis l’habilleuse, il n’y a qu’un endroit où on capte c’est la courette extérieure.

Curieuse j’ouvre la fenêtre qui donne sur ce petit réduit appelé courette. C’est d’un sinistre !

Rien à voir avec le Palais Royal ou les somptueuses loges donnent sur le jardin du même nom.

Mais on ne nous demande pas d’y vivre non plus, alors on s’en contentera.

Je me contorsionne à la fenêtre et arrive à récupérer assez de petites barres pour appeler chez moi.

Nous voilà sur le plateau, pardon la scène. Elle est beaucoup plus petite que je ne l’avais imaginé. Finalement, je m’étais dit que j’aurais plus de place que dans le lieu des répétitions et c’est exactement pareil, avec une marche en plus et un escalier à droite. Côté cour… non côté jardin… Oh ! C’est pas vrai ! J’y arriverai jamais à ce truc ! Je ne sais jamais quel côté est cour ou jardin.

–       Cour, c’est comme quand tu fais le signe de croix, me dis Daniel Jean, Jésus pour jardin et Christ pour cour.

–       Ah, d’accord ! Mais en regardant de quel côté ? Parce que si je suis dans la salle et que je regarde la scène c’est jardin à gauche mais si je suis sur scène et que je regarde la salle…

–       C’est quand tu es sur scène et … Attends ! C’est quand tu es dans la salle et…

Bon apparemment c’est pas clair pour lui non plus.

–       C’est pas ça, dis Grégoire, c’est beaucoup plus simple. Cour c’est du côté du cœur quand tu es sur scène et le cœur est à gauche.

D’accord, ça je garde, ça me plaît. L’escalier est donc côté jardin. Mais le jardin du décor est à l’arrière de la scène. Oh et puis flûte et crotte !

Il est beau notre décor et c’est tout ce qui compte. Maintenant il faut répéter dedans, s’habituer aux tiroirs, aux placards, aux portes, aux entrées et sorties. Nous passons un petit moment à prendre nos marques en attendant Jean Luc. Tout le monde parle en même temps, c’est la cacophonie et le pauvre Gérard notre régisseur à l’air un peu submergé. C’est quoi cette bande d’escogriffes qui ont envahi ses coulisses ?

Jean Luc est arrivé, on se calme et on commence.

C’est dingue comme le changement d’espace nous déstabilise, je suis complètement perdue ; Il faut tout accorder, le geste et la parole. Il faut préciser, noter au fur et à mesure les besoins, les gênes.

C’est un travail méticuleux dans lequel Anne excelle.

C’est dingue mais cette fille et moi avons le même mode de fonctionnement. Je m’entends extrêmement bien avec elle et souvent nous pensons les mêmes choses au même moment. Je suis très heureuse de pouvoir me reposer sur elle. C’est la première fois de ma vie que je n’ai pas envie de me mêler du travail des autres car je ne ressens ni manque ni de lacune. Jean Luc toujours positif et d’un calme serein, voit tout et ne laisse rien passer. Toujours enclin à écouter les doléances de chacun et à les prendre en considération, nous nous sentons aimé et avançons sans crainte.

Je commence à me dire que nous serons fin prêt pour la première.

Les costumes sont excellents et contribuent au récit de la pièce, nous allons de surprise en surprise même si tous ne sont pas encore terminés.

Pendant les trois jours suivants, le matin, nous reprenons nos filages à l’allemande pour la mémoire, allons avaler un morceaux en une demi heure et enchaînons par une répétition en costume. Nous tâtonnons encore et de nouveaux accessoires trouvent leurs places. Puis jean Luc nous donne ses notes, nous replaçons les moments incertains, en changeons d’autres et rentrons à la maison sur les rotules et légèrement angoissés car plus nous travaillons, plus nous doutons de nous et de la pièce.

–       Mais tu es sur que c’est drôle ?

–       Jean Luc nous rassure. C’est pas seulement drôle, la pièce est bonne et vous racontez une histoire. Faites confiance à la pièce vous tenez quelque chose de bien.

Il a l’habitude, il doit savoir ce qu’il dit. Y a intérêt car les locations se sont envolées et ça se remplit vitesse grand V. J’apprend que c’est déjà complet pour le premier week-end matinée et soirée et que c’est bien remplie pour la semaine suivante.

Mon Dieu qu’est ce qui se passe ? J’angoisse ! Faites que ça leur plaise, faites que ça leur plaise !

Samedi les lumières sont, sinon terminées, bien avancées, les accessoires sont tous là, les bandes sons calées, les meubles à leurs places et nous commençons à répéter les changements d’actes.

Ça à l’air de rien, mais il faut que tout soit huilé et réglé comme un chorégraphie. Les sorties de chacun, qui doit ramasser quoi, les endroits où on se change, les gestes de Gérard qui place le décor,.

Au début c’est assez laborieux, on se cogne, on manque de se manger une porte.

–       Rajoute un bout de scotch phosphorescent sur la poignée et sur la marche s’il te plaît. Ca m’embêterait de jouer sans les dents.

Ne pas oublier qu’une télécommande va voler en coulisse à tel moment. C’est moche un œil au beurre noir !

Dimanche repos, annonce Jean Luc.

C’est pas de refus. Je ferais bien une bonne, grosse, grasse matinée…

C’est sans compter le petit ordinateur que j’ai dans la tête et qui, lui, a décidé de ne pas se mettre en veille. Je passe une nuit d’enfer ! Au moins douze filages à l’italienne, il me fait, sans s’arrêter. Le seul moyen d’y mettre terme c’est de me lever et de faire autre chose.  Il est 4 heures du mat, je suis fatiguée… Le sommeil me prend 1 heure plus tard, heureusement c’est encore les vacances scolaires pour Sam et Lundi je ne dois pas me lever aux horreurs… Pardon, aux aurores …

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Journal des répétions de « Plein la vue » n°6

Du jeudi 16 au Samedi 18 Février

Grosse journée en perspective car après la répète, « On n’est pas couché » c’est le moins qu’on puisse dire. Je n’ai déjà pas récupéré de la soirée du « plus grand cabaret du monde », je vais finir sur les rotules.

Courage.

Aujourd’hui, je n’ai pas de rendez vous matinal, donc une fois Sam parti à l’école je me consacre à mettre de l’ordre dans les papiers qui s’accumulent sur mon bureau. D’ordinaire Gabou m’aide à cette tâche, mais là elle est aussi prise que moi, il va falloir se débrouiller.

Rien à dire de particulier de la répétition de la journée, nous sommes présents de 10 heures à 16 heures et travaillons d’arrache-pied à la mémorisation des trouvailles de la veille, les deux premières heures, mangeons un petit morceau au théâtre du coin  et approfondissons notre jeu avec Jean Luc l’après midi.

Le manque de décor et de vrai espace se fait de plus en plus sentir. Nous avons hâte d’être à mercredi prochain date à laquelle nous le découvrirons.

Quatre heures, je rentre à la maison, j’ai rendez vous avec la styliste pour les photos que nous allons faire toute la journée Samedi. Elle est charmante cette grande fille toute mince et très performante, une belle rencontre.

Ensuite direction la douche, lavage de cheveux, habillage, je dois être au moulin rouge à 19 heures où je vais retrouver Dominique ma maquilleuse et Jérôme mon coiffeur. Je ne me prends pas la tête sur ce que je vais porter, chez Ruquier c’est comme à la ville, pas de chichi et j’adore ça.

Je l’aime vraiment beaucoup ce mec : intelligent, sensible, adorant le théâtre et son métier je suis très heureuse d’aller le retrouver. A chaque fois que j’ai fait son émission c’était du bonheur. Bon, là c’est un peu différent, nous sommes en période électorale et nous le sentons bien, dès notre arrivée.

On nous a prévenu, si quelqu’un vous accompagne il faut donner le nom à l’avance et être munis de papiers d’identité. Ca ne rigole pas !

J’y vais en scooter, les cheveux mouillés, comme d’hab. Dom et Gégé sont déjà sur le pied de guerre, Gabou et moi avons chacune sa loge, nous nous préparons, discutons, rigolons, Catherine Barma passe nous embrasser, Ruquier aussi, l’ambiance est bonne. Il me confirme ce que Jean Luc m’a dit dans la matinée, il a beaucoup aimé la pièce et si nous ne l’avions pas joué à la Michodière il l’aurait prise au théâtre Antoine.

L’émission je ne vais pas vous la raconter, vous l’avez vu sinon vous pouvez la revoir sur France 2.

Trois heures et demi plus tard et le dos en compote, je regagne mes pénates. Si il y a une chose qu’il devrait changer à « On est pas couché, c’est les sièges ou alors ils devraient distribuer les cartes d’un ostéopathe qui ferait certainement fortune.

Le lendemain, j’ai le dos tellement bloqué que je peux à peine m’appuyer sur ma jambe ; Ma pauvre Vera accumule les handicaps et à cette allure, je vais finir dans un fauteuil.;;

Je passe la journée entre fatigue et douleur, tant bien que mal. The show must go on comme on dit chez nous.

Non, non, ne vous levez pas, n’applaudissez pas, ne faite pas la holà, faut pas charrier ça reste supportable.

Les répétitions continuent, on reprend, on refait, on précise, on avance. Je vous fais grâce du vendredi, car à ce point là les jours se suivent et se ressemblent c’est texte, texte, texte le matin, jeu, jeu, jeu l’après midi et morte, morte, morte le soir.

La douleur augmente, je me suis vraiment fait mal et les fortes doses d’antalgiques n’y font pas grand-chose.

Vendredi après la répète je file essayer les toiles de mes robes, les patrons si vous préférez. Vous êtes certainement en train de vous dire.

–       Quoi, des toiles !? Ils n’en sont que là ? Mais elles ne seront jamais prêtes !

En tout cas, moi, c’est ce que je me suis dit, surtout qu’on doit commencer à répéter en costume mercredi prochain, c’est à dire dans 5 jours.

Le couturier n’a pas l’air plus paniqué que ça. On lui avait dit mardi et là il tique un peu, mais mercredi pas de problème…

Je suis fasciné par le métier de cet homme, vraiment ça à l’air si facile ;

Vous vous êtes déjà essayés à la couture ? Moi oui, et même un clown n’oserait se présenter avec le résultat. C’est même pas à rire, c’est à pleurer.

Je ne m’éternise pas, j’ai juste une demi heure car j’ai des rendez vous téléphoniques avec la presse et je préfère être allongée sur mon lit pour répondre aux questions.

Il faut que je m’économise. Demain Samedi c’est une journée de photos qui m’attend. Je déteste ça, c’est un calvaire pour moi et pourtant il faut le faire. Heureusement je les fais avec Julien Cauvin, un photographe que je connais bien, et que j’adore… Non seulement ses photos sont toujours magnifiques, mais il est rapide, drôle et gentil. Ca va bien se passer.

Gabou est de la partie car les journaux sont friands de l’histoire ( belle) mère- fille. Chez nous on ne dit pas BELLE- mère de peur que je me la pète, on dit Marâtre c’est plus rigolo.

Samedi matin. Il faut se lever tôt, car tout le monde débarque à 9.30 pour maquillage, coiffure. Nous avons la journée, mais la nuit tombe vite et nous devons faire des photos au théâtre, des photos dans la rue et des photos à la maison.

On commence par le théâtre car il y a encore un spectacle à la Michodière jusqu’à Dimanche et une matinée le samedi.

A 11 heures nous sommes près et le Marathon commence. Mon dos est de plus en plus douloureux surtout avec des talons mais on va faire avec.

C’est comme toujours plus facile et sympathique que je l’avais prévu et Julien me fait beaucoup rire car il prend les photos en dansant. Il a toujours fait ça, comme si il entrait en transe, mais avec l’âge, ça ne s’arrange pas, et on se moque gentiment de lui. Tant mieux c’est très détendant de le voir s’agiter pour trouver son cadre.

Un petit arrêt sushi à 14 heures nous attend à la maison. Nous déjeunons avec Meyer. Sam lui est parti au sport. Nous terminons la séance sur le boulevard et dans une petite impasse. Mon dos aussi fait l’’impasse, je n’irai pas plus loin.

Fin de la séance mais pas fin de la journée car une interview croisée avec Gabou m’attend. Nous demandons à la journaliste de passer à la maison car je ne ferai pas un pas de plus hors de chez moi.

La fille qui débarque est une bombe. C’est Malika Ménard notre ancienne Miss France. Nous devisons gaiement. Elle a eu envie de faire cette interview après avoir vu une séquence de l’émission « Paris tout compris » que j’ai enregistré pour FR3 et qui passera bientôt.

Elle est extrêmement sympathique et bien loin de l’image stéréotypée des Miss. Nous passons finalement un long moment ensemble et finissons par tout connaître d’elle de son parcours très original. C’est l’intervieweur interviewé.

Elle doit se dire qu’elle est tombée, sinon chez des dingues, au moins chez des allumés de première. Mais cela n’a pas l’air de lui déplaire.

Fin de la journée. Je n’aspire qu’à une chose mon lit, un bon film et dormir, jusqu’à ce que mes chiens me réveillent parce que, eux aussi ils charrient le matin et il va falloir que je les mette au pas.

Non mais, c’est qui la chef !

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Du Lundi 13 au …

Du Lundi 13 au Mercredi 15 Février

Mon dernier week-end digne de ce nom est passé. C’était déjà le marathon alors je ne veux pas penser à ce que seront les deux qui restent avant la première. J’ai passé la journée de Samedi à courir entre les courses, la famille, le coiffeur, (eh oui il faut bien penser à être, sinon belle, présentable).

J’ai pas mal de télévisions la semaine prochaine et celle d’après. Puis j’ai passé le week-end à douter, de moi, de tout… Est ce que le public va être au rendez vous ? Est ce qu’on va vraiment leur en mettre plein la vue ?  Va-t-on autant les faire rire que nous avons ri quand nous avons découvert le texte ? Parce que c’est vrai, quand on travaille et répète sans cesse les même mots, les même gestes on fini par douter de tout. C’est normal, c’est toujours comme ça. Mais j’ai beau savoir que c’est normal, je déprime.

Et puis il y a l’émission de Patrick Sabatier, enregistré le 13 février mais diffusé le 21 Avril. C’est loin Avril. Cela fera presque deux mois que nous jouerons et que nous aurons vu vos réactions.  C’est dur de parler comme si cela avait déjà été le cas alors que nous n’en sommes pas à la moitié des répétitions. Nous ne sommes même pas encore dans le décor et n’avons pas nos costumes. Cela demande un sérieux effort d’imagination.

Que vous dire ? Que c’est un triomphe ? Que c’est le délire dans la salle ?… Je déteste ça… j’ai l’impression de mentir ou que ça va me porter la poisse. Superstitieuse ? Non, sûrement pas, ça porte malheur ! Je crois que je me contenterai de vous dire à quel point j’ai ri en lisant le texte et que le travail le plus dur pour moi va être de ne pas rire sur scène.

Dimanche j’ai promis d’emmener Sam et quelques uns de ses potes au paint-ball. C’est quoi le paint-ball ? C’est un jeu de guerre. Comme les jeux vidéos ou les cowboys et les indiens quand on était petit. Il y a deux équipes sur un terrain naturel dans la forêt, un scénario différent à chaque jeu .On se tire dessus avec des billes de peinture et l’équipe qui atteint le but donné à gagner. Le but étant de rapporter un sac, tuer tous les zombies, aller récupérer les munitions dans la carlingue de l’avion… Ah oui ! Il y a des fausses carlingues d’avions ou des vieux chars abandonnés en bois, c’est très réaliste.

C’est un peu une tannée pour moi, car on y passe pour ainsi dire la journée. De plus ce n’est pas la porte à côté. C’est à 30 bornes de Paris et ce matin ça caille sérieusement. Je n’ai pas du tout envie d’aller me les geler dans la forêt, mais  bon, j’ai promis, j’ai promis et je ne reviens jamais sur ma parole. Donc nous y voilà. J’ai emporté mon script  et je vais réviser au chaud dans la voiture.

Oh ben, c’est pas si désagréable que ça ! Les gens sont très sympas sur ce terrain. Ils nous préparent quelques bon hamburgers sur le grand barbecue qui réchauffe aussi bien les mains que les plats et les voilà parti. Au bout de trois heures, je les vois revenir, sales comme des peignes, constellés de taches de peintures, couverts de bleus mais heureux.

Bon ça c’est fait et je retrouve la chaleur de la maison avec un bonheur que je ne dissimule pas. Sauf que Sam à du attraper froid et que le lendemain il part à l’école avec mal au ventre pensant sans doute que cela va passer.

Moi je pars aussi assez tôt j’ai rendez vous chez ma dentiste. Heureusement que c’est une copine car je déteste qu’on touche les dents, mais là je ne peux plus reculer où je finirai par avoir de vrais problèmes.

C’est vrai on croit tous que le détartrage c’est du luxe, de l’esthétisme. Et bien non, le tartre fait des ravages au niveau des gencives et de os et moi je ne suis pas bien sérieuse mais j’ai une bonne nature et je m’en sors sans trop de dégât

–  On va t’endormir pour que cela ne soit pas trop douloureux, me dit elle.

–   Heu… tu sais, je répète juste après et ce soir j’enregistre l’émission de Patrick Sébastien. Je ne me vois pas trop lui présenter « Flein la vue » au théâtre de la Mifodière ! Faisons le en plusieurs fois.

Ouf ! Cette fois ci j’ai échappé à la piqure. Je suis totalement piqurophobe ! Même quand je vais essayer mes toiles pour mes robes j’ai peur des aiguilles. Je crois que je préfère souffrir le martyr mais pas de piqures. C’est fou, mais chaque fois qu’on m’en a fait une pour m’anesthésier je n’ai rien sentis et pourtant à chaque fois qu’on me dit qu’on va m’anesthésier je manque de m’évanouir. Avouez que c’est complètement con !

C’est donc d’un pas léger que je rejoins le théâtre à 10 heures. Cette semaine les horaires ont changé. On commence par 2 heures de révisions  avec Anne la super assistante, texte, places, intentions. On appelle ça des allemandes, mais là aussi pourquoi ? Puis on mange un bout avant l’arrivée de Jean Luc où nous faisons des filages et ciselons certains passages.

L’acte 1 commence à bien tourner, l’acte 2 aussi. Les modifications de l’acte 3 et 4 les rendent plus hésitants. Mais il nous reste encore beaucoup de temps nous ne sommes qu’à 2 semaines et demi de la première et tout va bien.

Nous en arrivons au moment de la scène que nous ont apporté les auteurs, nous la disons, hurlons de rire, la mettons en place. Il va falloir la roder celle-là car elle est faite de beaucoup de phrases très courtes et difficiles à apprendre. Nous sommes tous très approximatifs dans son exécution. Un mot pour un autre, similaire je vous l’accorde mais pas juste.

–       As-tu déjà joué du Feydeau me demande Jean Luc ?

–       En public, jamais ! J’en ai passé une scène pour le concours du conservatoire que j’avais préparé avec Daniel Mesguish et ce n’était pas facile.

–       Oui, me répond Jean Luc, c’est même très difficile à apprendre car Feydeau à écrit ses pièces avec très peu de mots, 350 environ. (je ne me souviens plus du chiffre exact) Ce ne sont que des petites phrases courtes. Et il faut que cela soit très précis, comme ce que vous avez à faire ici.

Tout le monde est d’accord. Nous entendons bien la leçon et demain saurons le texte. Promis !

Je fonce chez moi, prends ma douche, me change. Il a dit tenue de soirée et je ne sais toujours pas quoi mettre. Dans ce cas là pas de panique on va au plus simple. Un pantalon noir un tee-shirt un peu rock en roll (ne perdons pas notre identité), et une veste un peu soir. De toute façon ce n’est pas le costume qui compte c’est ce qu’il y a dedans. Non ?

Si on base tout son talent sur son physique on est sûr de ne pas durer longtemps. Tout cela est tellement éphémère !

On doit être là bas à 19 heures, début d’enregistrement à 20 heures. Mon attaché de presse doit passer nous prendre à 18 heures. Niveau horaire je ne peux pas faire mieux, j’ai à peine le temps de respirer.

Nous arrivons à Brie sur Marne à 19.30 passé. Merci les bouchons !

C’est pour ça que je déteste la voiture j’ai l’impression de perdre ma vie.

Quand je tournais « Julie Lescaut » avant « Julie à Paris », on tournait toujours en Banlieue à une trentaine ou quarantaine de kilomètre de Paris et je passais plus de 3 heures en voiture par jour. Quand il faut être sur le plateau à 7heures 30 que vous partez de chez vous à 6.30 pour être de retour le soir jamais avant 21 heures, vous avez juste envie de tuer.

Je pense que beaucoup de gens connaissent ça et je les plains sincèrement. Ce n’est pas une vie.

Là c’est ponctuel et ce n’est pas en direct donc il n’y a pas mort d’homme et de plus une fois maquillée, coiffée c’est moi qui poireaute… Y a vraiment que moi pour flipper de ne pas être à l’heure dans ce métier ? Mais on ne se refait pas.

L’émission sera diffusée le 21 Avril, c’est loin et compliqué de parler de quelque chose qui est censée être commencé, je déteste ça ; mais je vous l’ai déjà dit la semaine dernière.

Le lendemain, je me suis couchée très tard, je n’ai pas les yeux bien en face des trous mais je m’accroche. Ce soir je rentre et je me couche, j’ai vraiment besoin de sommeil, je n’imprime plus. Heureusement, pas d’interview en vue.

Il faut que je me concentre sur mon traval car tout s’accélère. Il ne reste pas beaucoup de temps pour se reposer écrire, apprendre, répéter, répondre aux questions des journalistes sans cesse les mêmes et recommencer.

Jeudi soir arrive à grand pas, c’est le rendez vous avec « On est pas couché » Ai-je bien fait d’accepter l’émission dans laquelle Marine le Pen vient aussi ? Je n’avais pas vraiment le choix. C’était le moment pour la promotion de ma pièce et puis de toute façon chaque semaine il y a un politique alors pourquoi pas celle-là. Les questions se bousculent dans ma tête… comment faire pour que le public ne fasse pas l’amalgame ? Va-t-on nous poser des questions ? Doit-on lui poser des questions ? Je n’ai pas regardé l’émission ces derniers temps et ne sais pas trop comment cela se passe.

Comme toujours je finis ma réflexion par un : «Te prends pas la tête et laisse toi porter. Soit sincère et tout se passera bien. » Je me concentre sur mon boulot.

Le lendemain nous inversons le programme de répétitions car Jean Luc à un empêchement l’après midi, donc il vient le matin et nous faisons des révisions ensuite.

Une impro sur le passage tout frais que nous étudions nous fait tellement rire que nous décidons de la peaufiner, la finaliser et la proposer le lendemain à Jean Luc et aux auteurs.  Ils acceptent sans sourcilier. Nous sommes ravis.

De plus la créatrice de lumière est venue voir un filage et rigole beaucoup, Pour nous, qui avons le nez dessus et ne savons plus très bien ce qui est drôle ou pas, nous sommes surpris et ravis de la voir s’amuser autant. Cela nous donne la pêche. C’est bon ! C’est vrai que cela commence à ressembler à quelque chose et que nous allons avoir très vite besoin de vous et de vos réactions.

Je vous raconte la fin de la semaine et l’enregistrement de Ruquier demain matin car il faut que j’y aille.

A demain donc….

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journal des répétitions « Plein la vue » n° 5

Jeudi 9, vendredi 10 février

 

Hello every boudin !… Body pardon ! Vous avez passé une bonne nuit ? Parce que moi oui ! Y en a des comme ça où on peut se coucher tôt et le reste suit.

Alors aujourd’hui, faudra pas me chercher au Marathon parce que vous ne seriez pas sûre de gagner.

Je pète tellement le feu que j’ai décidé que j’allais y aller à pied au théâtre !

Une petite demi heure de marche, sans lèche vitrine bien sûr, et j’y suis.

Pourtant il y en a des boutiques sympas sur le chemin, place des victoires, rue des petits champs… Mais bon on verra une autre fois ou après le théâtre. J’ai jamais le temps de faire du shopping et pourtant là j’en ai vraiment besoin, il faut que je me trouve une petite robe ou un petit haut habillé pour l’émission de Patrick Sébastien « Le plus grand cabaret du monde » je l’enregistre mardi prochain. Et puis il y a aussi l’enregistrement de « On est pas couché » Jeudi 16

Là c’est pas pareil, c’est décontracté, j’y vais comme je suis.  Faudra juste que je dise à Gabou de ne pas mettre la même veste que moi. On en a une seule identique, mais si je la préviens pas c’est justement celle là qu’elle va choisir, je vous le donne en mille. On aurait l’air fin ! C’est que là bas, faut pas prêter le flan. Tu laisses une brèche et vlan ! Tout le monde s’y engouffre. Remarquez, moi, j’aime plutôt bien, quand c’est bien fait, ça me fait rire !

Ca y est j’arrive à la Michodière! Oh, c’était pas du tout fatiguant, j’ai même pas eu l’impression que c’était long, j’ai répété mon texte tout le long du chemin, y en a certainement un paquet qui on du se dire que j’avais viré barjot.

Tout le monde à l’air en forme mais nous sommes un peu bloqués car les auteurs n’ont pas encore rendu les modifications de texte. A leurs décharges, c’est plus difficile quand on écrit en duo de se retrouver surtout quand, rançon du succès on est surbookés. C’est leur cas, ils croulent sous les propositions et en plus, ils jouent au théâtre tous les soirs…Guillaume Mélanie à la comédie Caumartin dans une comédie de Jean Franco et Jean Franco en tournée avec Roland Giraud.

On l’aura demain, on n’est pas chien, on accepte le délai sans sourciller. De toute façon, on n’a pas le choix et puis on a bien assez de travail comme ça. Donc on passe les petits bouts en remaniement. (On sait quand même ce qu’ils contiennent) et on enchaîne ;

Je vous passe les détails, maintenant vous les connaissez. Filage texte, mise en place… Sinon vous relisez les autres articles, interrogation surprise, je relève les copies.

Fin de la séance,

Passons directement au vendredi.

Ca y est on a les bouts de texte. On n’est pas mécontent d’avoir attendu, ils ont exploité la situation à fond, c’est très drôle.

On repasse l’acte de la veille pour inclure les bouts manquants, fixer les déplacements et les intentions. C’est encore brut de décoffrage mais on sent que les personnages sont là.

Le fou rire nous prend… On se calme… il faut avancer maintenant

–       Allez quatrième acte dit Jean Luc.

On file le texte ! C’est parti, je me régale…

–       Ouais ! On tient le rythme ! Ce soir on aura notre monstre ! Non pas le truc avec des grosses dents qui fait peur ! le CANEVAS de la pièce quoi !

–       tss … tss… tsss… fait une petite voix perturbatrice, on est trop long… il faut couper.

–       Quoi ? couper où ? couper combien ?

–       Environ un quart d’heure.

–       Mais couper quoi ? j’aime tout.

Oh là, là, le dilemme épouvantable !

–       Ne vous inquiétez pas, dit Jean Luc, c’est presque toujours comme ça. Mais au final quand on aura choisi les bonnes coupes, celles qui sont un peu répétitives, celles qui ne sont pas vraiment utiles au récit ni à la construction des personnages, vous ne vous en rendrez même pas compte.

Oui, il a raison, je le sais, je le sens, il y a des répliques qui même si elles sont drôles et plaisantes à dire, ne sont pas nécessaires et ralentissent l’action.

–       On n’a qu’à les dire en vrac à la fin du spectacle, genre les répliques auxquels vous avez échappées ?! Je propose.

Ca serait drôle pendant les applaudissements !!!

–       Vous en voulez encore ?  Bon, alors on va vous rejouer cette scène dans son intégralité…

Un peu comme les films qui ressortent en version longue avec toutes les scènes coupées.

Je ne plaisante qu’à moitié, ça va être vraiment dur de couper, et puis surtout on ne va pas faire ça comme ça à l’aveuglette. On reprend tout. On parle de chaque idée ? Chacun y va de ses explications, en quoi le personnage en a besoin, s’appuie sur telle partie du texte … Jean Luc écoute, nous fait rebondir,  et petit à petit, les coupes deviennent évidentes. L’heure de la fin de répétition arrive, nous continuons la discussion.

Jean Luc doit partir.

–       Je vous enverrai le texte ce week-end, en tenant compte de tout ce qui a été dit.

Nous repartons un peu bredouille. Nous n’avons pas terminé le débroussaillage, mais ce n’est rien restons positif, nous finirons lundi… Après tout, nous avons bien le temps, il nous reste… 15 jours !!!!… Seulement ! J’y crois pas.


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affiche plein la vue

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Journal des répétitions « Plein la vue » 4

Lundi 6, mardi 7, mercredi 8 Février.

Ce week-end c’était repos. J’ai aussi été voir « Les conjoints » de Eric Assous  au théâtre Tristan Bernard. Un vrai plaisir tant ce texte est juste, intelligent et servi par une mise en scène de Jean Luc, totalement aux service du texte que les quatre acteurs nous restituent avec beaucoup de talent.

Lundi.

C’est fou ce que le temps file. J’ai beau me lever à 6.30 tous les matins, je n ‘ai le temps de faire tout ce que je voudrais faire.

J’écris quelques lignes, j’apprends mon texte et il est déjà 10.30, l’heure de se préparer de manger un bout et de partir bosser.

Je me retrouve un peu dans la configuration de l’horaire de tournage : 12heures 19heures 30 où nous nous préparons à entre 10heures et 11 heures, déjeunons de 11 heures à midi et faisons une journée continue.

A 11 heures me direz vous ?! Mais je n’ai pas faim à cette heure là !

Rassurez vous moi non plus mais on fini par prendre l’habitude ;

Là, pour « Plein la vue », on répète actuellement et jusqu’à la fin de la semaine de 12.00 à 16.00. La semaine prochaine on multiplie par deux. Le matin et l’après midi. Le matin révision et « italienne » du texte et des déplacements, l’après midi recherche et approfondissements des scènes avec Jean Luc.

C’est quoi une italienne ? C’est juste dire le texte le plus rapidement possible sans ton, sans intention, pour le mémoriser et le posséder vraiment. Pourquoi, ça s’appelle comme ça ? Alors ça vous m’en demandez trop ! Tiens ! Cherchez et donner moi vos réponses ça m’intéresse.

Donc j’arrive à midi tapante. Je déteste être en retard, j’aime pas être en avance non plus, non, juste à l’heure.

Tout le monde est là, je tente une descente d’escalier à la Marilyne avec roulement de tambour et tout dans l’indifférence générale… J’aurais peut être pas du mettre des Moon boots !!!

En même temps, normal, ils sont en train de discuter de choses sérieuses. Je me glisse dans la conversation…

–       Les auteurs n’ont pas encore livré leur copie. C’est pour demain, ont ils dit, alors fait quoi ? »

–       On fait « bli », on fait « cul » on fait « ribote », on fait «clochette »

FLOP ! Ouah ! dit donc ! Je tiens la forme aujourd’hui !… non ?…  Côté blague vaseuse je crois que je vais vous en boucher un coin !

Bon je me tais, l’heure n’est pas à la rigolade. Il faut avancer. Surtout que je vais leur mettre un bon coup de pression quand je vais leur dire qu’on est à moins 18 jours de la première représentation.

C’est vrai quand on dit fin du mois, ça ne fait pas la même impression.

Alors sans rire on fait quoi ? On reprend l’acte 2 ?

–       Non, on reprend du début, dit Jean Luc, pour voir où en est votre mémoire sur les indications  et les directions prises.

Pendant une seconde vous avez l’impression qu’on est  sur les bancs de l’école quand le prof assène un : « Sortez vos copie, contrôle générale de ce qu’on a fait depuis le début de l’année » sauf que là on a pas le sentiment d’être jugé et on en redemande. Parce qu’à la fin, l’examen doit être réussi, on a pas le choix. On ne peut pas arriver en scène et dire,

– Euh !!!… Excusez moi, mais je me rappelle plus !… Tant pis, je repasserai l’année prochaine.

Ouais c’est ça ! Tu repasseras carrément oui ! On vous rappellera mademoiselle.

Non ! Là tu dis :

–       OK ! Bonne idée ! On en profitera pour rentrer un peu dans les détails.

Parce qu’on aime ça, on est tous au taquet.

Ils sont bon mes camarades, c’est le bonheur, de grands pro.

Nous arrivons sans trop de problèmes au moment où nous nous étions arrêté vendredi. On passe le petit bout qui nous manque, c’est pas grand chose et on avance. C’est une scène drôle et émouvante. Faire rire j’adore, mais j’aime encore plus quand la tendresse et l’émotion s’en mêlent.

Cette pièce est construite comme ça et c’est pour ça aussi que je l’ai aimé.

Nous nous quittons sur cette note tendre. Je dois filer à l’administration pour finaliser l’affiche.

On tombe très vite d’accord sur la direction à prendre. Allez c’est parti. On pourra commencer à afficher la semaine prochaine.

Mardi.

J’ai beaucoup travaillé hier soir et suis tombée sur deux ou trois problèmes que je n’ai pu résoudre. Donc bille en tête en arrivant j’étale mes questions.

Jean Luc m’écoute et se moque gentiment de moi et de ma façon de parler.

Tu penses trop vite, dit il et tes mots n’arrivent pas à suivre, Il faudrait t’inventer une langue spéciale. C’est vrai, je le sais bien que je patouille ! Oui, ça se bouscule au portillon !

Sur les tournages de Julie quand quelqu’un parle trop vite et bafouille, on lui dit. Ah ! Tu parles couramment le Lescaut ?  Et tous ceux qui ont vu mon spectacle le savent. On me surnomme, « la patouille de France ».

Ca ne fait rien, j’arrive quand même à me faire comprendre. Ensemble nous solutionnons les soucis. C’est drôle comme par moment on peut se prendre la tête pour pas grand-chose.

Aujourd’hui, ca dépote, nous avançons facilement. Les répétitions se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a des jours tranquilles où tout est simple, tout est fluide et puis des jours où on a le sentiment qu’on n’arrivera pas au bout dans le temps souhaité.

Il faut savoir passer à autre chose pour y revenir car la solution est souvent plus loin.

Jean Luc est très bon à ce jeu là et par moment il a besoin d’entendre et réentendre le texte pour bien cerner l’idée qui est en train de naître. Donc nous le disons et le redisons.

Ce n’est du temps de perdu pour personne car nous aussi au fur et à mesure que nous le répétons, des images se forment. C’est tout ce travail que j’aime particulièrement au théâtre et qui me manque quand je tourne. Tout ce temps de gestation.

Bien sûr on pourrait le faire avant de tourner et c’est ce qu’on tente de faire quand nous avons le scénario définitif assez longtemps avant le début du tournage. Mais après il y a le metteur en scène, ses options, ses choix de décors et ça la plus part du temps nous les découvrons le matin même et c’est fréquemment à des milliers de kilomètres de ce qu’on avait imaginé ; Pareil pour les acteurs avec qui je joue. Pas les rôles les plus important mais les rôles secondaires… Très souvent, je les découvre en arrivant au maquillage ; Il y a ceux qui rentrent dans les cases mentales que j’ai construites et puis cela n’arrive heureusement pas très souvent, il y a l’erreur de casting, l’option que je n’aurai surtout pas prise…

Ce n’est pas une question de physique, pas un délit de sale gueule, pas du tout, c’est qu’il se peut que le metteur en scène ait zappé une condition fondamentale, sur laquelle vient s’appuyer une déduction dans l’enquête et qui fou tout en l’air.

Je vous donne un exemple. Si dans le texte il y a une déduction qui innocente un suspect parce que la balistique dit que le meurtrier doit faire moins de 1m73 et que, pour jouer le meurtrier, vous voyez arriver un type de 1 m 85 vous vous dites y a gourance…  Et quand on me répond, le public n’y verra que du feu, moi ça me fou en rogne… A la télé c’est la réponse suprême ça, au lieu de se creuser la tête on s’entend répondre «  les spectateurs ne le remarqueront pas ! »

–       Ah oui, parce que les gens sont cons peut être ? Si moi je le vois, tout le monde va le voir.

Au théâtre, pas de subterfuge, de la vérité, de l’instantané, du vrai contact…

Bon, faut pas que je traîne, parce que ce soir je vais chez Alessandra Sublet  enregistrer « C’est à vous » Ah ben non pas enregistrer, on m’apprend que c’est en direct. Oh tant mieux ! J’adore le direct, personne ne peut trafiquer ce que tu dis.

Il est si facile de transformer le discours en coupant une phrase par ci, un bout par là.

C’est pour ça que j’aime bien vous parlez en direct via mon blog. Chaque fois que je lis un de mes interviews  dans la presse je suis déçue. Je me dis :

–       Putain, j’ai passé une plombe au téléphone avec cette personne pour ça !?

Bien sûr, je retrouve des mots, des expressions à moi, mais avec de tels raccourcis, de telles inversions que le sens en est transformé. A chaque fois, je me dis que c’est la dernière, que je vais en dire le minimum, et à chaque fois mon humeur m’entraîne à bavarder sincèrement, comme avec des amis. J’oublie toujours que leur but est le scoop, la petite phrase qui va tout changer.

Mercredi

L’émission s’est très bien passé, les gens autour de la table étaient vraiment sympa et conviviaux, contrairement à d’autres émissions où on a le sentiment d’être venue pour être donné en pâture à quelques chroniqueurs en mal de notoriété ou pour servir de faire valoir au présentateur vedette.

De plus il y avait Isabelle Nanty qui non seulement est une actrice formidable, mais une belle personne.

Isabelle Nanty

C’est vrai que ça fait de longues journées, mais ça ne fait que commencer, le véritable Marathon démarre la semaine prochaine entre répétitions, photos, émissions et interviews. Je ne sais d’ailleurs pas si j’aurai beaucoup de temps à vous consacrer mais j’essaierai. Parce que au milieu de tout ça il y a aussi la famille à gérer.

Aujourd’hui je n’ai pas grand-chose à faire le matin, alors je me repose et me plonge dans l’apprentissage de mon texte.

Vous allez vous dire. Mais elle ne le sait pas depuis le temps qu’elle nous dit qu’elle l’apprend ?!

Si je le sais, mais il faut plus que le savoir, il faut l’apprendre comme une chorégraphie avec les déplacements qui en découlent et que ça devienne totalement fluide. On ne peut pas se permettre de se demander, qu’est-ce qui se passe après ?!

Moi je sais mon texte quand je peux me réciter la pièce texte fermé,  répliques des autres incluses.

C’est comme un puzzle qui se met en place.

Pas grand chose à dire de ce jour en particulier nous avançons bien et commençons à croire que vendredi nous serons arrivé au bout de la phase 1.

Bien sûr que nous y serons. Je n’en ai jamais douté.

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Journal des répétitions « Plein la vue » 3

Jeudi, vendredi

 Jeudi

Aujourd’hui nous répétons au Palais Royal, car la Michodière à été loué pour une conférence ou un colloque enfin qu’importe, je suis heureuse de retourner ici, c’est une maison que je connais bien.

La première fois que j’y ai joué c’était en 1984  l’amuse gueule » de  Gérard Lauzier avec Daniel Auteuil et bien d’autres ; Nous étions une dizaine sur scène dans cette pièce très drôle.  Pendant un an le Palais Royal a résonné de nos rires et de nos fredaines car nous étions une belle bande de cancre un peu contestataire et Monsieur Rouzière, le directeur de l’époque, si il était très gentil, était très dur en affaire et très vieille France.

Nous le faisions donc, tous autant que nous étions, gentiment tourner en bourrique, à part peut être Yolande Foliot toujours très sérieuse et professionnelle.

La deuxième fois, c’était en 2004 dans « Quand l’amour s’emmêle »  avec Jean Michel Dupuis, Sophie Mounicot et Jacques Frantz.

Les nouveaux directeurs du théâtre Francis Nani et Christian Azzopardi, qui en avaient pris les rênes en 1989 ont été tellement sympas et mignons que nous sommes restés amis.

C’est Francis qui, à l’issue d’un déjeuner avec Meyer, m’a donné à lire « Plein la vue. » La suite vous la connaissez.

Nous sommes donc au Palais Royal et après avoir embrassé la caissière et les régisseurs  nous nous mettons au travail au foyer.

Tout le monde est là et Francis nous observe du balcon de son air rieur.

C’est reparti…

–       Mais où est Jean Luc ?

–       Il arrive, il a des problèmes de scooter.

La costumière en profite pour se jeter dans la brèche.

Les costumes sont très importants dans un spectacle. Ils crédibilisent les personnages au premier coup d’œil. Nous choisissons les tissus pour mes robes parmi ceux qu’elle a étalés sur le bar. Et nous tombons d’accord assez rapidement sur les mêmes.

Tout commence à se dessiner, le décor, les costumes, les personnages. Mais ce n’est qu’un début. Tout reste à faire.

Jean Luc arrive, nous nous mettons au travail. Il est très calme et gentil, comme à son habitude. On refait le début de l’acte jusqu’à ma sortie et on enchaine sur quelques pages où  je ne suis pas.

C’est Philippe Magnan et Daniel Jean Colloredo qui font le show. J’en profite pour tourner quelques images.

C’est un travail de longue haleine et les novices qui y assisteraient ne manqueraient pas de s’y ennuyer très vite car ce sont des moments de recherche, d’hésitations…  Nous passons notre temps à refaire les mêmes gestes pour en acquérir l’automatisme qui nous permettra de les dépasser. Bien sûr et heureusement il y a aussi les trouvailles , les propositions qui nous font rire et on sait que le moment venu il ne faudra pas en rire.… ca pour moi c’est difficile !

Quatre heures sonnent. Chacun retourne dans ses pénates… Ce qui ne veut pas dire que le travail s’arrête. Avant demain il faudra revoir le texte et les déplacements.

Vendredi

Nous avons réintégré la Michodière. Nous nous l’approprions doucement. Pas faciles tous ces couloirs !

J’arrive un peu en avance et décide de monter voir Stewart Vaughan, le directeur, à l’administration afin de discuter de l’affiche que nous devons avoir terminé au plus tard Lundi ou Mardi prochain… Ensuite, je passerai par la scène pour rejoindre le foyer.

Moi qui voulais me remettre au sport, je suis servie… je descend, je remonte, je me trompe, je redescend.

– Pourtant c’est facile, banane ! Il faut suivre le trait bleu, on t’a dit ! Ah oui, le trait bleu !

Mais Stewart est occupé donc je repars sur mes pas.

– Ah non ! C’est pas bon par là.  C’est une terrasse. Aller recommence, suis les flèches direction : la scène. C’est quand même pas sorcier.

Remarque je ne dois pas être la seule qui se perd dans ce dédale, car on dit, pour se moquer, que dans une loge il y a le squelette de quelqu’un qui n’a jamais trouvé la sortie.

Je me tâte, ce n’est pas moi, enfin pas encore !

Ca y est j’y suis ! Ah non c’est pas vrai la porte coupe feu d’accès sur scène est fermée à clef.

Demi tour, c’est reparti, je vais finir par être en retard, c’est n’importe quoi !

Je me retrouve à l’air libre, rentre à nouveau dans le théâtre mais par la grande porte et arrive en répétition.

Comme à l’habitude, nous reprenons ce que nous avons fait la veille et nous enchainons.

Aujourd’hui, l’enchainement me pose un problème que j’expose à Jean Luc.

Aie ! Pour lui aussi c’en ait un. Relisons la scène ;

On s’exécute, une fois, deux fois la solution émerge mais insatisfaisante ; Tout au plus un palliatif.

Y a le feu ! Pin-pon ! Pin-pon ! Il faut appeler les auteurs ; Ca tombe bien ils arrivent dans une demi heure ; Le temps, pour nous, de bien cerner le problème pour gagner du temps dans les explications.

Je ne suis pas angoissée, les connaissant, je sais qu’ils vont nous arranger ça rapidement et aux petits oignons.

C’est assez fréquent dans une création de tomber sur un point délicat qui mérite éclaircissement. C’est pour ça que souvent les auteurs sont présents.

Voilà nos sauveurs, nous exposons notre problème, proposons nos solutions et nos envies. Un moment de réflexion et je vois à leurs mines réjouies qu’ils l’ont, ils la tiennent l’idée !…

J’en profite pour faire accepter, par tous, celle qui avait germée dans mon esprit. Pas pour cette scène mais pour une autre vers la fin.

Ouais ! Ils achètent ! Trop bien ! Ils vont l’écrire.

Mais il est déjà l’heure et nous devons nous quitter jusqu’à Lundi. Certes aujourd’hui nous n’avons pas beaucoup avancé dans le jeu et les déplacements mais nous avons magnifiquement progressé quand même et attendons avec impatience La semaine prochaine ;

GRRR ! Moi le week-end je boue, je trépigne, mais c’est bien, aussi, de prendre des distances, deux jours par semaine. Et Puis dans trois semaines, les choses vont s’accélérer et des week-ends, il n’y en aura plus…

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Journal des répétitions de Plein la vue (2)

Lundi, mardi, mercredi.

J’arrive au foyer de la Michodière. On ne répète pas sur scène, encombré par le décor de la pièce qu’y s’y joue actuellement mais dans un espace qui a à peu près les bonnes dimensions. De toute façon pendant au moins la première semaine il va s’agir d’une mise en place et d’un débroussaillage des déplacements et des intentions. Ensuite nous affinerons.

Tout le monde est là. Jean Luc Moreau et sa fidèle et très efficace assistante Anne. Philippe Magnan dont le pouce cassé au ski commence à revivre et qui avec son côté pince sans rire nous promet déjà de sérieux fous rires, Daniel Jean Colloredo avec qui je n’ai jamais travaillé mais que j’ai hâte de connaître, Grégoire Bonnet très sympathique et drôle et Ma Gabounette, très heureuse mais un peu angoissé quand même. Normal ce n’est pas sa première fois car elle a déjà  joué dans « les monologues du vagin » mais c’est la première fois avec un metteur en scène si réputé.

Brrrrr, on se les gèle ! On est en plein courant d’air. Va falloir veiller à ne pas se prendre une extinction de voix. Dès demain j’arrête de faire la coquette (comme ci j’avais commencé un jour…)  et je mets le pantalon et le gros pull. Aussi quelle idée d’avoir mis une robe ? C’est tout moi ça le jour où il commence à faire froid je me jette sur mes fringues d’été.

Après les bises et les plaisanteries d’usages, nous sommes prêt.

Tiens à propos de bises va falloir que je leur parle. Avec cette vague de froid, les grippes et les gros rhumes vont foisonner et  il faut arrêter ces habitudes de se lécher la pomme pour se dire bonjour. C’est très français cette manie et c’est aussi un grand vecteur d’épidémie.

Nous allons passer 4 heures ensemble, ce qu’en jargon théâtrale on appelle « un feu ». C’est ce qu’on va faire tous les jours, au moins jusqu’à ce que le décor soit monté. Ensuite nous ferons deux feux par jour…

Moi je pourrais bosser deux fois plus que ça ne me dérangerait pas. D’ailleurs tout le monde ici ne demande pas mieux.

–       Mais c’est ce que nous allons faire nous dit Anne. En fait, c’est 4 heures de recherche et de mise en place avec Jean Luc et puis ensuite c’est travail entre nous, des places, du texte pour que tout soit fluide et que nous puissions aller plus loin dans le travail.

Ca me va parfaitement. Et à Jean Luc aussi car le soir il joue au théâtre dans « les conjoints » et je comprends qu’il ait besoin de se reposer un peu.

Surtout que, le travail ne s’arrête pas là, il y a les réunions avec le décorateur, les techniciens, la musique. Il doit mener tout ça de front… Et pour nous les costumes et la promo… Les agendas vont très vite arriver à saturation…

Mais tout ça ne vaut rien sans une bonne pièce alors allons y !

–       On commence par quoi?

–       On va se lire le texte tranquillement, dit Jean Luc, on dit tout, ce qui gène, ce qui ne va pas. OK ?

–       Pas de problème…

Jean Luc nous arrête à la fin du premier acte. On va déjà s’occuper de ce bout là.

Ca y est, c’est parti !

C’est Grégoire et Gabou qui ouvrent la danse. Il redisent le texte, essaie d’improviser, très vite jean Luc intervient et propose des actions et des intentions qui nous font rire aux éclats. Le canevas se met doucement en place. Doucement car pour le moment dans cette phase de recherche il ne s’agit pas d’avoir le rythme, il faut être précis à chaque mouvement. Et puis, ici, il n’est pas question d’égo on doit pouvoir tout se dire, sans se vexer. A ce jeu là Jean Luc est habile car j’ai remarqué qu’il commence toutes ses remarques par « c’est très bien, … » Il a raison, après tout passe mieux, on se sent aimé.

On devrait essayer d’en faire notre pain quotidien de cette méthode. Dans nos couples par exemple, si on commençait toutes nos phrases par « c’est très bien » ou «  tu as raison » ou «  je te comprends » et qu’on les finissait par un « mon » ou « ma chérie », on éviterait bien des énervements.

Revenons à nos moutons.

Moi je regarde. Je ne rentre pas tout de suite. Et puis j’adore regarder travailler les autrest, c’est comme ça qu’on apprend le mieux et c’est une manière d’appréhender la méthode.

Notre travail principal, nous dit il, est de retrouver ce pourquoi on avait ri en lisant la pièce et que chaque situation soit crédibles et sincères.

Ca me plait et ça va dans le sens de ce que je m’attache à faire sur chaque pièce ou film que je joue. On va bien s’entendre, mais ça je n’en doutais pas.

La séance se termine, au moment où je devais entrer. On a fait que 2 pages… et on en a 100 !

La séance suivante commence par la visite du décor, à travers la maquette que la décoratrice nous a apportée. Très beau vraiment. Nous visualisons les entrées, les sorties et le positionnement des éléments importants dont nous allons devoir nous servir dans notre jeu. Ca aide.

Après avoir repris les déplacements de la veille, je rentre en scène. J’ai muselé mes chevaux qui ne demandent qu’à bondir. Oh là bijou, on se calme !

Jean Luc est arrivé avec des idées bien précises et excellentes, j’achète le tout et ce n’est pas des soldes, vous pouvez me croire.

Nous avançons à grand pas. Chacun commence à prendre le rythme : proposition, on refait… On reprend plus haut, on refait, on précise… La mécanique rentre dans les jambes. J’adore ça, encore !

Non c’est fini pour aujourd’hui ! Déjà!

Nous en sommes à la page 15, Jean Luc est content, on avance bien.

Le frustré de l’affaire c’est Jean Daniel.

Comme pour moi la veille on s’est arrêté juste avant son entrée. Les vannes fusent et nous allons boire un café pour se débriefer.

Mercredi nous entamons bille en tête. J’ai fait des recherches sur la vie d’une aveugle et j’en parle à Jean Luc. La façon de se déplacer, le maniement de la canne, je commence à rentrer dans la peau de cette Vera qui va m’accompagner un bon bout de temps du moins, je l’espère…

Je mets mes lunettes noires, je prends ma canne télescopique et en avant… enfin, pas trop vite !  Il n’est pas question de se casser une jambe au premier obstacle.

Nous reprenons ce que nous avons fait la veille, reprécisons quelques actions et intentions et  Daniel Jean fait son entrée.

Il ne reste plus que Philippe, qui piaffe d’impatience dans le paddock.

Pas de panique ça ne va pas tarder…

La répétition se passe bien, le travail continue, ardemment, quelques moments d’hésitations, d’autres que nous sentons mais que le manque de décors et le manque de costumes et d’accessoires nous obligent à laisser pour plus tard. Des trouvailles que nous n’avions même pas imaginé d’autres que

nous proposons et que Jean Luc acceptent de bonne grâce et améliore souvent.

Le temps passe vite nous terminons à la page 30.

3 jours trente pages. A ce rythme, dans 7 jours nous aurons un canevas sur lequel nous pourrons broder à loisir.

Que du bonheur !

Allez, un petit café ensemble pour décompresser ?

La famille commence à se former…

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Journal des répétitions de « Plein la vue »

 « Plein la vue » 1

Avant propos.

D’accord je le fais ce journal ! Hebdomadaire au minimum. Quotidien ou bi- hebdomadaire si j’y arrive.

Dimanche 28  Janvier soir.

Ca y est demain on est sur la ligne de départ!

A chaque fois, c’est étrange d’entamer un travail avec un nouveau metteur en scène et de nouveaux acteurs. Même si leurs noms vous sont familiers, c’est comme partir à l’aventure avec un groupe d’inconnu…

Texte su, a dit Jean Luc Moreau, je le sais.

Je ne connais rien de sa façon de travailler, il ne connaît rien de la mienne mais avec le respect mutuel je sais que ça va bien se passer.

Je lui fais confiance, car en dehors d’être un grand acteur c’est un mec intelligent qui je pense doit diriger avec une grande précision et Dieu sait que pour faire rire il faut être sincère et précis. Nous nous connaissons depuis longtemps sans vraiment nous connaître mais à chacune de nos rencontres l’envie était là.

Jean Luc l’a très bien exprimé l’autre jour, pendant l’interview de 50 minutes Inside (dans un passage qui ne figure pas dans le montage). A la question d’Olivia  la journaliste «  Avez-vous déjà travaillé avec véronique ? » il a répondu «  ça fait 20 ans qu’on travail ensemble ».

–       je dois avoir un Alzheimer, lui ai je répondu, rafraichit moi la mémoire !

–        Mais oui, à dit Jean Luc, depuis 20 ans, à chaque fois qu’on se croise, on se dit,  il faut absolument qu’on travaille ensemble ;

Il a raison…

Depuis deux semaines, nous travaillons sur le texte avec les auteurs pour préciser certains détails ? C’est une création, donc le texte reste en mouvement et les auteurs Guillaume Mélanie et jean Franco sont très présents et  seront aux répétitions dès mercredi,  sitôt que Jean Franco aura terminé la tournée du Technicien avec Rolland Giraud et Guillaume Mélanie les répétitions de « la chieuse »

C’est important pour moi cette phase de travail sur le texte. Le décortiquer c’est ma façon de me l’approprier.

Bien sûr cela ne se fait pas toujours sans douleurs et sans heurts. Certains sont à cheval sur la moindre virgule, accrochés à leurs mots comme la misère sur le peuple.

D’autres sont ouverts, à l’écoute, et ne sont pas encombré par un ego surdéveloppé et mal placé.

Guillaume Mélanie et Jean Franco font partis de ceux là avec un plus encore… Une rapidité d’esprit pleine malice. Ils sont drôles et ont un sens inné du dialogue.

Quand j’ai lu « Plein la vue » j’étais chez le coiffeur et j’éclatais de rire toute seule toute les 30 secondes…

J’ai voulu la jouer tout de suite. C’est drôle d’ailleurs car je n’aurais jamais pensé que cela se montrait si vite. J’avais dit   – Trouvons une belle salle pour Septembre 2012.-

Le délai était déjà court, la plupart des Théâtres ont déjà leur programmation 6 mois à l’avance.

De plus je ne voulais plus me produire dans un théâtre qui proposait plusieurs spectacles à différents horaires. Ma dernière expérience à la Gaité m’avait laissé un trop mauvais souvenir. C’était en 2009  je préparais « Madame Butterlight »  Il m’ avait proposé 2 horaires : 19 heures 30 ou 21 heures 30.

J’avais choisi le second car je devais tourner Julie lescaut en Mars et Avril et pensais que ce serait plus simple pour gérer les deux en même temps.

Je n’avais pas prévu que le directeur du théâtre mettrait le spectacle avant moi à 20 heures (Horaire que j’aurai accepté si il m’avait été proposé) et que je ne commencerais jamais le mien avant 10 heures voir 10 heures10 .

Je n’avais pas pensé non plus que je pourrais pas avoir le décor que je voudrais (le mien devait pouvoir se monter en quelques minutes) ni les éclairage qui me convenaient car la plupart des projecteurs étant déjà programmés pour les autres spectacles (y en avait aussi un à 17.30 ) il n’en restait que quelques un pour le mien.

Tout ça sans parler des gens qui attendaient dehors n’ayant aucun endroit pour se mettre à l’abri, qui donc n’étaient pas contents ou angoissés car ils allaient rater le dernier transport… J’en passe et des meilleurs.

J’avais donc dit «  Stop plus jamais ça.  Pour moi le théâtre doit être une fête. Le public met le prix pour voir un spectacle et tout doit aller avec »

C’est vrai quoi ! Imaginez un hôtel cinq étoiles où le réceptionniste vous dirai de monter vos baguages et de faire votre chambre. Vous seriez en droit de faire un esclandre. Ben là, j’en faisait un tout les soirs !

Donc pas de théâtre à multiprogrammation simultanée, cela réduit conséquemment le nombre de possibilité.

Mais je n’étais pas pressé. Si on ne trouve pas un beau Théâtre pour septembre 2012 pourquoi pas pour janvier 2013. De toute façon je vais tourner avant l’été et après l’été. Ça sera plus simple après.

Quelques jours plus tard Jean Luc Moreau m’appelle

–       Et si je te disais tout de suite en Janvier tu dirais quoi ?

C’est vrai qu’il m’a fallu quelques secondes pour mesurer les tenants et les aboutissants que provoquerait un réponse positive mais c’était évident

–       Oui, je dirai oui.

–       Et si c’était la Michodière

–       Archi oui, je dirai archi méga oui !

La Michodière ! C’est un lieu mythique  à deux pas de l’opéra et dans les couloirs on peut encore sentir la présence de celle qui en fut à un moment la propriétaire : Yvonne Printemps! Ce nom ne vous est peut être pas familier, normal, il appartient à une autre époque, celle du ciné club en noir et blanc . Et là demain j’y suis, je vais commencer à répéter, puis on va parler de l’affiche et jusqu’au 29 février les coulisses du théâtre vont retentir de nos rires, de nos craintes, de nos errements jusqu’à ce que les vôtres viennent les remplacer et nous récompenser.

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« Plein la vue »

A partir du 29 Février 2012

Dans un prestigieux théâtre à deux pas de l’Opéra. Une pièce DRÔLISSIME écrite par deux auteurs à succès, des acteurs qui vont vous

éclater dans des rôles A MOURIR DE RIRE. On va vous en mettre

« PLEIN LA VUE « 

                  au théâtre de LA MICHODIERE:

 5 rue de la Michodière 75002 Paris

Tous les soirs du mardi au vendredi à 20.30

Le samedi à 17.00 et 20.30

le dimanche à 15.00

La location est ouverte au:

01 47 42 95 22

Ou sur le site internet:  http://www.michodiere.com

Prix des places de 8 à 44 euros.

Mise en Scène par

JEAN LUC MOREAU

Jean Luc Moreau

 Avec Philippe MAGNAN, Grégoire BONNET , Daniel Jean COLLEREDO, Gabou BOKOBZA

 et moi même: Véronique GENEST

Une pièce de Jean FRANCO et Guillaume MELANIE 

Philippe Magnan

C’est Maurice mon père. Il en a tellement soupé avec sa femme que depuis qu’elle est morte il s’est installé chez sa fille et fait les 400 coups comme un ado… Toutes ses apparitions déclenche l’hilarité.

Grégoire Bonnet

Lui c’est Donald mon mari. Il est  » mannequin » , enfin, c’est ce qu’il fait croire à Vera ( moi même aveugle de naissance) et profite à fond de la situation.

Daniel Jean Colloredo

Daniel Jean Colloredo

Lui c’est  Félix mon chauffeur. Un peu mou mais très sympa qui ne veut pas faire de problème mais va conduire Vera sur le chemin de sa nouvelle vie.

Gabou Bokobza

Elle c’est Nathalie , la maîtresse de mon mari, qu’il fait passer pour un médecin…

Véronique Genest

Et ça c’est moi, Vera qui ne voit pas depuis sa naissance et vit dans un monde qu’elle croit connaître. Une Greffe de la cornée va lui redonner la vue, elle n’en parle à personne pour leur faire la surprise  mais la surprise c’est elle qui va l’avoir quand elle va réaliser qu’on la spolie et qu’on lui ment depuis toujours. Comment va t elle se venger!??…


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